La réalisation d'une Ligne Grande Vitesse est soumise à des contraintes de trajectoires : déclinaison inférieure à 10m/km pour transport marchandise, 35m/km pour voyageurs, rayon de courbure minimum 6 km.
Les nuisances sonores des trains grandes vitesses s'approchent des nuisances occasionnées par les avions près des aéroports, sauf qu'ils concernent des couloirs de près de 2km de large tout au long de la trajectoire. De ce fait, le passage dans les zones habitées est préjudiciable sur tout le couloir territorial traversée par une LGV.
Ce type d'aménagement ferroviaire n'est donc pas compatible avec des territoires traversés par cette LGV Limoges-Poitiers, au relief accidenté, et à l'urbanisation diffuse.
Forcément elle implique de creuser des canyons dans les monts, d'élever d'immenses talus dans les vallées, de couper des plans d'eau, de traverser et raser des hameaux.
Et vous croyez que les limousins attachés à leur patrimoine vont laisser faire un tel saccage ?
Je vous promets que ça va chauffer dans nos campagnes !
D'autre part le tronçon LGV Limoges-Poitiers traversera deux zones fortement urbanisées aux abords de Limoges et aux abords de Poitiers.
Le train à Grande Vitesse est boulimique en énergie cinétique, et donc son fonctionnement n'est optimum que sur de grandes distances à vitesse constante. Sur 125 km, il est prévu d'intercaler des simples voies d'accélération, et des doubles voies de décélération. Ainsi un train pouvant atteindre 320 km aura une moyenne 166km/h pour parcourir 125km avec toutes les pertes d'énergie dues à une succession d'accélération et de décélération.
L'idéal de la LGV serait un anneau ferroviaire sans aucune gare, ne traversant que des régions plates et éloignées d'un moins 1 kilomètre de toute habitation.
Sur cet anneau viendrait se greffer des lignes accélérations et de décélération vers les lignes existantes pour rejoindre les gares.
Dans ce schéma LGV et réseau ferroviaire régional serait complémentaire, drainant et alimentant mutuellement leur flux de voyageurs et de marchandises.
Le projet LGV Limoges-Poitiers est complètement à l'opposer de ce schéma. Son objectif est de détourner le million de voyageurs qui empruntent aujourd'hui la ligne directe Limoges-Paris via Orléans, afin d'accroitre la rentabilité de la LGV Atlantique. En plus, en mal d'investisseur, ce projet aberrant permet de compter sur la région limousine pour financer le tronçon LGV Tours Bordeaux.
Ces conséquences économiques sont désastreuses pour l'infrastructure ferroviaire régionale. Car détourner les clients habituels des lignes TER Limoges Poitiers, et de la ligne Limoges Orléans Paris met en péril la gestion de ces lignes et des gares desservies.
D'autre part, les habitants de la Creuse n'ont aucun avantage à ce détournement de trajet ferroviaire, ils payeront forcément bien plus cher leur billet de train, et perdront en temps de voyage.
Or avec 1 million de voyageurs la gestion de cette LGV Poitiers Limoges n'est pas rentable. C'est la raison pour laquelle le RFF sort de son chapeau de magicien, aujourd'hui un flux prévisionnel de 2, 5 millions de voyageurs.
Guillaume Bertrand se leurre en croyant que RFF à l'intention de rendre ce projet LGV "modulable" à une transline. RFF a clairement formulé sa réponse : le cahier des charges de ce projet et les études en cours ne sont pas orientés vers cette modulabilité".
Non seulement la LGV Limoges Poitiers ne sera pas modulable mais en drainant le flux voyageurs sur cette voie, elle retire d'autant l'opportunité de toutes autres réalisations ferroviaires transversales proche de Limoges.
La cerise sur le gâteau est que le Gouvernement a mis en étude de faisabilité en 2008, le projet LGV Grand Centre afin de venir doubler la LGV Paris Lyon saturée, et qui nécessitera des interruptions pour réfection. Le raccordement du Limousin à cette ligne via Chateauroux, et via Montluçon, mettrait Limoges à 2h de Paris, et moins de 2h 30 de Lyon. La date de mise en circulation de cette ligne a été avancée à 2020.
Ainsi pendant 3 ans, de 2017 à 2020 la gestion de LGV Limoges-Poitiers ne sera pas rentable et causera la faillite de notre réseau régional, et au delà les voyageurs préféreront le chemin le plus court et le moins cher vers l'Europe via la LGV Grand Centre.
Trouver plus aberrant comme projet régional d'infrastructure de transport que le TGV de Bernadette Chirac ? Oui, peut-être la construction de l'aéroport de Brive la Gaillarde.
S'il y avait un prix de l'aménagement du territoire à décerner ne pensez vous pas, que nos décideurs régionaux mériteraient le bonnet d'âne.
plus amples informations :
http://limogespoitiers.com/
http://limousinsurlesrails.free.fr/
http://airdenoscampagnes.free.fr/