Bonjour
Vous savez la catastrophe que subit la nature dans la région de Limoges (lottissements, zones artisanales, zones industrielles...)
Inutile de dire que tout ça ne favorise pas le tourisme...
Vous savez aussi qu'on va encore construire une nouvelle rocade à Rilhac-Rancon ?
Donnez votre avis sur le site
www.agglo-limoges.fr et à l'adresse
concertation_voieliaisonnord@agglo-limoges.fr
Puisque je n'ai pas trouvé où était publié l'avis des autres, voilà le mien, je le publie moi-même:
Il faut espérer que cette consultation ne soit pas, comme toute enquête, un habillage démocratique pour un projet déjà décidé.
Il est cependant fort à craindre que le projet ne soit déjà décidé et qu'il sera réalisé. C’est d’ailleurs indiqué dans le résumé de présentation. La «Grande Pièce» ayant déjà été inscrite dans le PLU, la route que l’on va construire ne risque pas d’être remise en question par cette concertation.
A propos de concertation, une vraie preuve de démocratie serait de rendre accessible au public les commentaires des internautes ou les commentaires déjà portés sur les cahiers.
La ville de Limoges et ses communes de l’agglomération veulent construire à toutes forces et elles appellent cela «développer» alors qu'il s'agit d'une extension de pollution. Cette notion de "développement" n'est qu’un point de vue, un point de vue politique, mais absolument pas une nécessité. Le projet de liaison nord n'est absolument pas une nécessité.
Il suffit de compter les centaines d’hectares de «zones d’activités» qui défigurent les alentours de Limoges pour s’en convaincre. Zone Nord, extension de la zone nord en cours, zone de Romanet, de Magré, de Bonnac-la-Côte, de Couzeix, de Nantiat, de Feytiat, du Palais, de Beaune-les-Mines prochainement, etc…
Ces hectares de goudronnage retirés à l’agriculture, aux loisirs, aux zones naturelles, à la faune et à la flore seront comme d’habitude cédés à des commerçants qui n’auront aucune contrainte de densité. Ce sera un hectare pour un vendeur de motos, un hectare pour un supermarché minable, un hectare pour un restaurant, un hectare pour un marchand de moquette, etc…
C'est toujours la même chose, il s'agit de favoriser la voiture.
L’espace public ne peut plus supporter cela !
L'espace public ne peut plus supporter cette multiplication de routes et de "giratoires" aux alentours de Limoges qui est en train de devenir, ni plus ni moins, une plaque tournante du transport routier, c'est à dire un pôle de pollution routière.
La technique est toujours la même : les autorités autorisent des zones d'activités dans des espaces naturels et ruraux, de ce fait dépourvus de la voirie nécessaire, puis déclarent que la voirie est indispensable, puis déclarent que la voirie permet de construire plus, etc...
Mais tous les gens qui ont acheté des terrains à bâtir à Rilhac-Rancon, par exemple, doivent-ils subir les nuisances d'une nouvelle "voie de liaison" alors que la "Grande Pièce" est déjà désservie par l'autoroute A 20 et sa sortie Grossereix ?
A Bonnac, nous subissons déjà les importantes nuisances créées par la nouvelle route d'Ambazac, la D 920, exigée par la folie des grandeurs de la mairie d'Ambazac voici quelques années, parce qu'on avait autorisé en pleine campagne la création d'un dépôt de voitures neuves sur plusieurs hectares et que les camionneurs jugeaient l'ancienne voirie insuffisante. La logique aurait été de ne pas autoriser pareil commerce dans une zone rurale et naturelle !
Cette route d'Ambazac, c'est du bruit et de la pollution de l'air pour des centaines d'habitants proches qui avaient toujours habité en pleine campagne ou qui avaient consacré leurs économies à l'achat d'une propriété calme. Et l'on veut faire de même à Rilhac aujourd'hui.
Ce n’est pas parce que le propriétaire d’un terrain naturel a le droit de le céder à un industriel ou à un commerçant avec toutes les autorisations administratives nécessaires que l’intérêt général n’est pas atteint du fait du recul général ou de la destruction des zones naturelles qui, elles, appartiennent à la collectivité.
Cet aspect n’est absolument pas pris en considération dans le projet.
Si vraiment il était indispensable de créer des espaces commerçants, il faudrait au moins imposer la construction des parkings en sous-sol de façon à réduire les surfaces. Puisqu’il faut citer des exemples, l’agglomération a autorisé l’installation d’un magasin Décathlon en zone nord il y a quelques mois, en créant des milliers de mètres carrés de voirie aux frais du contribuable et dans le seul intérêt de ce commerce. On lui a créé un rond-point pour lui seul, on lui a autorisé un parking démesuré, etc… Mais aller le samedi dépenser de l’argent chez Décathlon, même si cette activité est prisée par nombre de Français, relève-t-il de l'intérêt général ?
On confond l’intérêt général et l’intérêt particulier des commerçants ou des chaines de magasins.
Le projet présenté au public ne tient absolument pas compte du problème écologique ou tout simplement environnemental que pose le bétonnage de 68 hectares supplémentaires. Ce n’est pas le maintient de 5.000 m² de jardin entre deux ferrailleurs ou le maintien de la vallée de la Mazelle entre deux zones d'activités qui sauve l’environnement. Un jour, on se retrouvera avec un reportage télévisé dénonçant la pollution ainsi organisée, comme pour la COGEMA à La Crouzille.
Exemple: A Beaune-les-Mines et à Rilhac-Rancon, on a bétonné récemment des milliers de mètres carrés dans le seul intérêt de deux supermarchés qui ne rendent qu’un service très contestable car ils sont très mal fournis et très chers. Etait-il dans l’intérêt du public de créer ces supermarchés qui, de plus, ont fait du tort aux commerçants du centre de Rilhac ? La galerie commerçante de Rilhac est à moitié vide depuis qu’elle est construite mais elle a nécessité la construction d’un rond-point et d’un immense parking toujours vide. La galerie commerciale de Beaune-les-Mines présente aussi des emplacements vides depuis toujours.
Est-il d’intérêt général, même si cela fait plaisir à quelques amoureux de leur voiture, de bétonner des terres naturelles pour implanter un centre de lavage de voitures à haute pression, comme à Beaune-les-Mines ? Certainement pas, c’est de l’intérêt particulier de la société Kärcher.
Récemment encore, le 14 avril, le commissaire général au Développement durable Michèle Pappalardo, s’est intéressée au phénomène de l’étalement urbain que l’on observe en France et qui commence à inquiéter l’Agence européenne pour l’environnement (dépêche AFP 14/4/2009 à 17h57).
Chacun sait que le goudronnage et le bétonnage tel qu’on le pratique à Limoges sont une source de ruissellement, c'est-à-dire de pollution, d’inondations et de sécheresses puisque le ruissellement envoie directement les eaux pluviales dans les égouts. Chacun sait que cet étalement urbain est une charge lourde pour les communes qui ne peuvent y faire face qu’en bétonnant encore d’autres zones pour avoir de l’argent frais.
Où va-t-on ainsi ?
Le projet qui nous est soumis ose parler de «désenclaver» Beaune-les-Mines alors que la commune est desservie par une autoroute et une ancienne route nationale ! On nous explique que le nombre d’habitants a augmenté fortement. Mais c’est tout simple, on a construit et autorisé toutes sortes de maisons provençales épouvantables, on se prépare désormais à autoriser la mode du chalet suisse, on fait disparaître les beautés limousines en construisant bientôt une zone artisanale à côté de la magnifique église de Beaune, et ensuite, on dit que les routes ne suffisent pas !
A ce propos, l’agglomération de Limoges devrait être citée en exemple pour son «mitage» en matière d’urbanisme. La croissance artificielle de l'agglomération de Limoges, qui provoque la désertification du centre-ville puisque la population n'augmente pas, selon l'Insee, se fait sans aucune vision globale, sans aucun plan d'urbanisme global, seulement au coup par coup, selon les projets d'un maire ou d'un autre. Depuis quelques années, le résultat de ce mitage est que l'on ne peut plus faire cent mètres sur aucune route de campagne sans être au milieu des pavillons avec entrée goudronnée, voiture, barbecue, volets bleus et pelouse. Plus d’agriculture, plus même de chemins ruraux pour se promener, rien!
Le paysage limousin a énormément souffert depuis trente ans et particulièrement depuis dix ans autour de Limoges. Il n’est pas dans l’intérêt général de continuer à chasser les paysans.
Il faut arrêter cet engrenage qui ne nous a amené, on le voit bien depuis la construction de l’autoroute, que des nuisances. Postez-vous par exemple au bord de l’autoroute et comptez en une heure le nombre de camions rouge et jaune du transporteur portugais Patinter. C’est incroyable, on croirait qu’on a construit l’autoroute pour lui. Et il nous rapporte quoi, ce M. Patinter dont les camions traversent la France par l'A20 gratuite ? Rien, ses fumées et ses bruits de moteur ! Pas un seul emploi !
La future "liaison nord", censée désenclaver les zones de mitage et les zones artisanales, n'aurait pas été nécessaire si l'on n'avait pas préalablement commis ces fautes d'urbanisme. On se prépare encore à créer une sone artisanale dans la vallée de la Mazelle, à Beaune-les-Mines, en contrebas du barrage, à deux pas de l'église qui est un magnifique monument d'architecture romane dont on comprend mal qu'il ne soit pas sauvegardé d'un pareil environnement. Le problème, c'est que les autorités de Limoges préfèrent le moteur à la culture.
En résumé, cette politique de développement routier, qui singularise l'agglomération de Limoges alors qu'aucune autre ville ne développe plus la voiture ni le transport routier, est totalement dépassée :
- Limoges, qui a la chance d'avoir un réseau d'alimentation électrique pour trolleybus, remplace ces véhicules propres par des autobus au fioul au lieu d'étendre le réseau de trolleybus. Nous sommes dans la droite ligne de cette politique rétrograde et catastrophique qui a détruit le tramway alors qu'il désservait jusqu'à Razès ou Saint-Junien il y a 60 ans !
- Limoges crée des hectares de goudron pour développer la voiture : devant le cimetière de Louyat, avenue du général Leclerc, et devant le Populaire, rue du général Catroux. De véritables esplanades de goudron, alors que toute autre ville cherche à diminuer l'espace de la voiture pour créer des espaces verts. Et Limoges ne parvient même pas à entretenir une voirie qui se trouve dans un état particulièrement déplorable. Toutes les rues sont défoncées et l'on voudrait en construire d'autres.
- Limoges pratique encore le mitage urbain et la construction extensive alors que cette pratique est partout dénoncée.
- Limoges promeut l'étalement urbain pour tenter de devenir une grande ville, mais elle ne fait qu'attirer la circulation et la pollution puisque c'est la route qui attire le camion et non le camion qui a besoin de la route.
Pourquoi, à la place de cette Liaison nord, ne pas créer une désserte ferroviaire pour la Grande Pièce ?
Là, il y aurait vraiment progrès et innovation !