Qui n’a jamais rêvé d’aventure, de grand large, de liberté, d’embruns sur sa peau cuivrée et de représentants du sexe opposé se pâmant d’émoi sous le charme d’un regard profond d’avoir vu l’horizon infini?

La vérité m’oblige à te le dire, chère lectrice, la réalité est bien différente. Mais laisse moi te raconter…

Donc, c’est ma deuxième transatlantique. Ce coup-ci, la livraison doit avoir lieu à Cap-May dans le New-Jersey, 200km au sud de New-York. Faire de la voile dans ce sens et sous ces latitudes, c’est un peu comme mettre des tongs pour grimper le Mont-Blanc par la face nord, mais ces cons de clients qui achètent des bateaux à 800.OOO dollars n’habitent pas tous à Miami ou aux Bahamas…

Donc, La Rochelle 03 mai 2008 à 16h, c’est parti pour 3500 milles de dépression à prendre en plein dans le nez. Et d’entrée de jeu, je bouche les chiottes. Il y a un système de vannes et de pompes électriques, l’eau de mer entre d’un coté, le caca est aspiré de l’autre à travers une hélice avant d’être rejeté à la mer.
J’appuie sur le bouton, je vois le tourbillon se former au fond de la cuvette, le niveau d’eau diminuer, l’étron disparaitre et… le reflux…la cuvette se remplit à ras bord de jus marronâtre et puant.
Grand moment de solitude.
Mes deux compères se foutent un peu de ma gueule, tout en flippant leur mère que je n’arrive pas à déboucher le bouzin. J’évite de justesse le démontage complet et les séquences peu ragoutantes qui se seraient ensuivies, après deux heures de lutte armé d’un fil de fer et d’une écope, tout rentre dans l’ordre, juste à temps pour prendre mon quart, minuit-3h.

A suivre…

 

Cet article a été posté le Jeudi, 12 juin, 2008 à 9:47 • Par Chinaski.
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